SUR LA RECEVABILITÉ

                      de la requête N° 22678/93
                      par Ibrahim INCAL
                      contre la Turquie

     La Commission européenne des Droits de l'Homme, siégeant en
chambre du conseil le 16 octobre 1995 en présence de

           MM.   S. TRECHSEL, Président
                 H. DANELIUS
                 C.L. ROZAKIS
                 A.S. GÖZÜBÜYÜK
                 A. WEITZEL
                 J.-C. SOYER
                 H.G. SCHERMERS
           Mme   G.H. THUNE
           M.    F. MARTINEZ
           Mme   J. LIDDY
           MM.   L. LOUCAIDES
                 J.-C. GEUS
                 M.P. PELLONPÄÄ
                 G.B. REFFI
                 M.A. NOWICKI
                 I. CABRAL BARRETO
                 B. CONFORTI
                 N. BRATZA
                 I. BÉKÉS
                 J. MUCHA
                 E. KONSTANTINOV
                 G. RESS
                 A. PERENIC
                 C. BÎRSAN
                 P. LORENZEN
                 K. HERNDL

           M.    H.C. KRÜGER, Secrétaire de la Commission ;

     Vu l'article 25 de la Convention de sauvegarde des Droits de
l'Homme et des Libertés fondamentales ;

     Vu la requête introduite le 7 septembre 1993 par ibrahim iNCAL
contre la Turquie et enregistrée le 30 septembre 1993 sous le N° de
dossier 22678/93 ;

     Vu les rapports prévus à l'article 47 du Règlement intérieur de
la Commission ;

     Vu les observations présentées par le Gouvernement défendeur le
14 novembre 1994 et les observations en réponse présentées par le
requérant le 19 décembre 1994 ;

     Après avoir délibéré,

     Rend la décision suivante :

EN FAIT

     Le requérant, ressortissant turc, né en 1953, est avocat et
réside à izmir (Turquie). A l'époque des faits, il était membre du
conseil d'administration de la structure locale d'un parti politique
(HEP : parti du travail du peuple, pro-kurde).

     Dans la procédure devant la Commission, le requérant est
représenté par Maître Güney Dinç, avocat au barreau d'izmir.

     Les faits, tels qu'ils ont été exposés par les parties, peuvent
se résumer comme suit.

     Le 1 juillet 1992, le conseil d'administration d'izmir du HEP
décida de distribuer des tracts à izmir afin de critiquer les mesures
prises par la mairie de cette ville en vue de restreindre la zone
d'activité des marchands ambulants. Ces tracts affirmaient que de
telles mesures constituaient une atteinte aux droits des travailleurs,
notamment de ceux d'origine kurde, et invitaient la population à créer
des comités locaux afin de résister à cette politique menée par la
mairie. Dix mille de ces tracts furent imprimés.

     Par lettre du 2 juillet 1992, le président du HEP informa le
préfet d'izmir de leur projet visant à distribuer ces tracts. Suite à
cette correspondance, la police d'izmir dénonça les dirigeants locaux
du HEP au procureur de la République près la Cour de sûreté de l'Etat
d'izmir en leur reprochant de mener une propagande séparatiste.

     Par arrêt du 3 juillet 1992, la cour de sûreté de l'Etat ordonna
la saisie des dix mille tracts en cause. Les responsables du  HEP les
remirent à la police avant leur distribution.

     Le 27 juillet 1992, le procureur de la République intenta devant
la Cour de sûreté de l'Etat d'Izmir une action pénale contre le
requérant ainsi que contre les autres membres du conseil
d'administration qui avaient décidé de faire distribuer les tracts en
cause.  Le procureur reprocha notamment aux accusés d'avoir "...
expressément incité le peuple, par voie de manuscrits polycopiés, à
l'hostilité et à la haine fondée sur la distinction de race et
d'origine...", infraction prévue par l'article 312 par. 2 et 3 du Code
pénal turc.

     Par jugement du 9 février 1993, la Cour de sûreté de l'Etat,
composée de deux juges civils et d'un juge militaire, déclara les
accusés, dont le requérant, coupables des faits qui leur avaient été
reprochés et les condamna à six mois et deux jours d'emprisonnement
ainsi qu'à une amende. Elle prononça également, au titre de peine
accessoire, aux termes de l'article 119/2 du Code de la route, la
suspension temporaire (pendant 15 jours) du permis de conduire du
requérant. La cour considéra que le fait que les tracts aient été
saisis avant leur distribution constituait une circonstance atténuante.

     Le 9 mars 1993, le requérant et les co-accusés formèrent un
pourvoi en cassation contre le jugement du 9 février 1993 et
demandèrent la tenue d'une audience devant la Cour de cassation.

      Le 20 mai 1993, le procureur de la République près la Cour de
cassation présenta son avis et transmit le dossier devant la Cour de
cassation. Par arrêt du 6 juillet 1993, la Cour de cassation, statuant
sur le dossier soumis, confirma le jugement du 9 février 1993 au motif
que l'instruction avait été conduite par la première instance
conformément à la loi et aux règles de la procédure. Elle rejeta la
demande de comparution des intéressés, compte tenu de ce que la peine
prononcée à leur encontre n'atteignait pas la gravité prévue par la loi
pour la tenue d'une audience devant la haute juridiction.

GRIEFS

     Le requérant allègue une violation des articles 3, 6 par. 1 et
3 b), 9 et 10, combinés avec l'article 14, de la Convention :

1.   Quant à l'article 3 de la Convention, il prétend que la
suspension de son permis de conduire constitue une peine dégradante
dans la mesure où la disposition y afférente du Code de la route donne
un pouvoir discrétionnaire au juge.

2.   Le requérant se plaint également de ce que sa cause n'aurait pas
été entendue par un tribunal indépendant et impartial, contrairement
à l'article 6 par. 1 de la Convention. Il expose à cet égard qu'un juge
militaire, dont l'indépendance vis-à-vis de ses commandants militaires
n'est pas assurée, siégeait au sein de la Cour de sûreté de l'Etat.

3.   Le requérant se plaint en outre de n'avoir pas bénéficié d'un
procès équitable. Il conteste en particulier le refus de la Cour de
convertir sa peine d'emprisonnement en une amende pénale ou d'ordonner
le sursis à exécution de sa peine et ce, en raison de ses opinions
politiques. Il invoque à cet égard l'article 6 par. 1 de la Convention
combiné avec l'article 14 de celle-ci.

4.   Le requérant se plaint par ailleurs de ne pas avoir disposé du
temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense au
sens de l'article 6 par. 3 b) de la Convention, dans la mesure où sa
demande de comparution devant la Cour de cassation a été rejetée. Il
conteste d'autre part que l'avis du procureur général près la Cour de
cassation demandant la confirmation du jugement de la condamnation ne
lui a pas été transmis pour observations.

5.   Le requérant se plaint enfin d'une atteinte à sa liberté de
pensée et à sa liberté d'expression, contrairement aux articles 9 et
10 de la Convention, dans la mesure où il a été condamné pour avoir
contribué à la préparation des tracts mis en cause. Il fait observer
que ces tracts n'ont pas finalement été portés à la connaissance du
public.

PROCEDURE DEVANT LA COMMISSION

     La requête a été introduite le 7 septembre 1993 et enregistrée
le 30 septembre 1993.

     Le 5 avril 1994, la Commission a décidé de porter la requête à
la connaissance du Gouvernement défendeur, en l'invitant à présenter
par écrit ses observations sur la recevabilité et le bien-fondé de la
requête.

      Le Gouvernement a présenté ses observations le 14 novembre 1994,
après prorogation du délai imparti et le requérant y a répondu le
19 décembre 1994.

EN DROIT

     Le requérant allègue la violation des articles 3, 6 par.1 et 3
b), 9 et 10, combiné  avec l'article 14 (art. 3+6-1+6-3-b+9+10+14) de
la Convention.

1.   Quant à l'épuisement des voies de recours internes

     Le Gouvernement soulève une exception d'irrecevabilité tirée du
non-épuisement des voies de recours internes au sens de l'article 26
(art. 26) de la Convention. Il soutient en premier lieu que le
requérant aurait pu saisir le procureur général près la Cour de
cassation pour que ce dernier introduise un recours en rectification
de l'arrêt de cassation rendu le 6 juillet 1993.

     Le requérant soutient que le recours en rectification d'arrêt
n'est pas une voie de recours efficace au sens de l'article 26
(art. 26) de la Convention.

     La Commission rappelle qu'en droit pénal turc, un recours en
rectification d'arrêt ne constitue point un moyen de droit interne
directement accessible au requérant (cf., entre autres, No 16727/90,
Cirkin c/Turquie, déc. 4.9.91). Elle estime dès lors qu'on ne saurait
faire grief au requérant de n'avoir pas épuisé cette voie de droit.
L'exception d'irrecevabilité soulevée par le Gouvernement ne saurait
donc être retenue.

     Le Gouvernement se réfère en outre à la possibilité pour le
requérant de demander aux juges de renvoyer l'affaire à la Cour
constitutionnelle conformément à l'article 152 de la Constitution
turque afin d'obtenir une décision  à titre préjudiciel sur la
conformité avec la Constitution des règles régissant sa condamnation.

     La Commission rappelle que les voies de recours dont
l'utilisation est exigée doivent être non seulement efficaces, mais
effectivement accessibles aux intéressés.

     En l'espèce, dans les circonstances particulières de cette
affaire, la Commission estime que le renvoi à la Cour constitutionnelle
ne constitue pas un recours accessible au motif qu'il appartient au
tribunal dans le cadre de l'examen d'une affaire de décider
souverainement qu'une exception d'inconstitutionnalité paraît
suffisamment sérieuse pour qu'elle mérite d'être déférée à la Cour.

      Il s'ensuit que les exceptions soulevées par le Gouvernement ne
sauraient être retenues.

2.   Quant au bien-fondé de la requête

     Conformité de la procédure à l'article 6 (art. 6) de la
Convention

     Le requérant se plaint de ce que sa cause n'ait pas été entendue
par un tribunal indépendant et impartial en raison de la composition
de la Cour de sûreté de l'Etat ayant eu à connaître de son affaire. Il
expose à cet égard qu'un juge militaire, dont l'indépendance vis-à-vis
de ses commandants militaires n'est pas assurée, siège au sein de la
Cour de sûreté de l'Etat.

     Le requérant se plaint également d'une atteinte à son droit de
défense dans la mesure où sa demande de la tenue d'une audience  devant
la Cour de cassation a été rejetée. Il allègue une violation de
l'article 6 par. 3 (art. 6-3) de la Convention.

     Le requérant se plaint en outre qu'il n'a à aucun moment pu
répondre à l'avis du procureur général qui lui était défavorable et qui
ne lui a pas été transmis. Il estime qu'il s'agit d'une véritable
restriction de ses droits de la défense et invoque l'article 6 par. 3
(art. 6-3) de la Convention.

     Le requérant se plaint enfin de n'avoir pas bénéficié d'un procès
équitable dans la mesure où la Cour avait refusé, en raison de  ses
opinions politiques, de convertir sa peine d'emprisonnement en une
amende pénale ou d'ordonner le sursis à exécution de sa peine. A cet
égard il invoque l'article 6 par. 1 combiné avec l'article 14
(art. 6-1+14) de la Convention.

     L'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention dispose que:

     "Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue
     équitablement, publiquement (...) par un tribunal indépendant et
     impartial, établi par la loi, qui décidera du bien-fondé de toute
     accusation en matière pénale dirigée contre elle (...)"

     L'article 14 (art. 14) de la Convention dispose que :

     "La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente
     Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée
     notamment (...) sur les opinions politiques ou toutes autres
     opinions (...)"

     La Commission estime que les griefs du requérant, pour autant
qu'ils portent sur la violation de l'article 6 par.3 (art. 6-3) de la
Convention,  doivent être examinés sous l'angle de l'article 6 par. 1
(art. 6-1) de la Convention précité.

     Le Gouvernement expose que les Cours de sûreté de l'Etat sont des
juridictions spéciales dont l'impartialité et l'indépendance des
membres vis-à-vis de l'Executif, y compris celles des magistrats
militaires, sont garanties par la Constitution. Il soutient que la
procédure devant la Cour de sûreté de l'Etat d'Izmir a rempli toutes
les exigences de l'article 6 (art. 6) de la Convention.

     Quant à l'audience publique devant la Cour de cassation, le
Gouvernement expose qu'aux termes de l'article 318 du Code de procédure
pénale, la Cour de cassation ne tient qu'exceptionnellement, en cas de
délits graves, une audience publique. Il fait valoir que le cas échéant
la Cour statue sur des éléments soumis et des conclusions écrites.

     Quant à l'égalité des armes devant la Cour de cassation, le
Gouvernement fait remarquer que selon la législation turque les
jugements rendus par la première instance ne peuvent être cassés que
pour violation de la loi. Il soutient que l'avis du procureur présente
uniquement le caractère d'un document interne qui est mis à la
disposition des juges qui statuent sur la légalité et la conformité à
la procédure du jugement rendu par la première instance.

     Quant à la discrimination alléguée en ce qui concerne la fixation
de la peine, le Gouvernement expose que le juge du fond dispose en la
matière, à savoir en l'application des dispositions du Code sur
l'exécution des peines,  d'un certain pouvoir discrétionnaire.

     Le requérant conteste les thèses du Gouvernement. Il souligne
notamment que les juges militaires sont avant tout des officiers des
forces armées qui ne sauraient agir en totale indépendance.

     La Commission a procédé à un examen préliminaire de l'ensemble
de ces griefs et de l'argumentation des parties. Elle estime que la
requête pose à ces égards des questions de droit et de fait complexes
qui ne sauraient être résolues à ce stade de l'examen de la requête,
mais nécessitent un examen au fond. Cette partie de la requête ne
saurait, dès lors, être déclarée manifestement mal fondée au sens de
l'article 27 par. 2 (art. 27-2) de la Convention. La Commission
constate par ailleurs que cette partie de la requête ne se heurte à
aucun autre motif d'irrecevabilité.

     Liberté de pensée et d'expression

     Le requérant se plaint en outre qu'il a été condamné au pénal,
pour avoir participé à la décision prise par un organe du parti du
travail du peuple (parti pro-kurde) de procéder à la distribution de
tracts. Il allègue la violation des articles 9 et 10 (art. 9, 10) de
la Convention.

     La Commission estime que le grief du requérant doit être examiné
sous l'angle de l'article 10 (art. 10) de la Convention, qui dispose
:

     "1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit
     comprend la liberté de recevoir ou de communiquer des
     informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence
     d'autorités publiques et sans considération de frontière.

     2.  L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des
     responsabilités peut être soumis à certaines formalités,
     conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui
     constituent des mesures nécessaires, dans une société
     démocratique, à la sécurité nationale, à l'integrité territoriale
     ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la
     prévention du crime (...)"

     Le Gouvernement rappelle la législation turque qui sanctionne les
délits pour lesquels le requérant a été condamné.

     Le requérant combat cette thèse. Il tire argument des décisions
de la Commission dans les affaires Sadik Ahmet c/Grèce, No. 18877/91;
Sargin et Yagci c/Turquie, No. 19392/93, déclarées  recevables.

     Le requérant rappelle aussi que le pluralisme dans une société
démocratique exige la libre expression de toutes les opinions. Il
expose que  les responsables du HEP (parti du travail du peuple), dans
leurs manuscrits, se sont bornés à mettre l'accent sur l'existence d'un
problème "kurde" et il en conclut que sa condamnation n'est pas
justifiée au regard de l'article 17 et du paragraphe 2 des articles 9
et 10 (art. 17, 9-2, 10-2) de la Convention.

     Le requérant fait observer en outre que les tracts incriminés
n'ont pas été portés à la connaissance du public.

     La Commission a procédé à un examen préliminaire de l'ensemble
de ces griefs et de l'argumentation des parties. Elle estime que la
requête pose à cet égard des questions de droit et de fait complexes
qui ne sauraient être résolues à ce stade de l'examen de la requête,
mais nécessitent un examen au fond. Cette partie de la requête ne
saurait, dès lors, être déclarée manifestement mal fondée au sens de
l'article 27 par. 2 (art. 27-2) de la Convention. La Commission
constate par ailleurs que  cette partie de la requête ne se heurte à
aucun autre motif d'irrecevabilité.

     Suspension du permis de conduire

     Le requérant prétend que la suspension temporaire de son permis
de conduire constitue une peine dégradante au sens de l'article 3
(art. 3) de la Convention dans la mesure où la disposition y afférente
du Code de la route donne un pouvoir discrétionnaire au juge.

     Le Gouvernement combat l'allégation du requérant. Il expose que
cette mesure se fonde sur des dispositions du Code de la route et ne
viole pas l'article 3 (art. 3) de la Convention.

     L'article 3 (art. 3) de la Convention prohibe qu'une personne
soit soumise à la torture  ou à des peines ou traitements inhumains ou
dégradants.

     Ainsi que l'a souligné la Cour, "pour tomber sous le coup de
l'article 3 (art. 3) un mauvais traitement doit atteindre un minimum
de gravité. L'appréciation de ce minimum est relative par essence; elle
dépend de l'ensemble des données de la cause, notamment de la durée du
traitement et de ses effets physiques et mentaux, ainsi que parfois,
du sexe, de l'âge, de l'état de santé de la victime etc..." (Cour eur.
D.H., arrêt Irlande contre Royaume-Uni du 18 janvier 1978, série A n°
25, par. 162).

     Or, pour ce qui est de la présente affaire, la Commission estime
que la situation dont se plaint le requérant n'est pas de nature à
poser un problème sous l'angle de l'article 3 (art. 3) de la
Convention. Notamment la suspension temporaire du permis de conduire
du requérant, même si elle a été ordonnée par la Cour de sûreté en
application d'un pouvoir discrétionnaire, n'atteint pas le seuil de
gravité requis par cette disposition.

     Cette partie de la requête doit donc être rejetée pour défaut
manifeste de fondement, conformément à l'article 27 par. 2
(art. 27-2) de la Convention.

     Par ces motifs, la Commission, à l'unanimité,

     DECLARE IRRECEVABLE, le grief du requérant concernant la
     suspension temporaire de son permis de conduire (article 3),

     DECLARE LA REQUETE RECEVABLE, tous moyens de fond réservés, quant
     au surplus.

      Le Secrétaire                            Le Président
     de la Commission                        de la Commission

      (H.C. KRÜGER)                            (S. TRECHSEL)