APPLICATION/REQUETE N° 9107/80 G . v/BELGIU M G. c/BELGIQU E DECISION of 6 July 1983 on the admissibility of the application DECISION du 6 juillet 1983 sur la recevabilité de la requête Article 5, paragraph 4, and Article 26 of the Convention : To be an effective dornestic remedv in respect of a complaint under Article 5. paragraph 4, of the Convention, conceming the absence of a judicial control of the lawrdness of detention, the remedv must ensure the provision of such a contro[. Article 5, paragraphe 4, et article 26 de la Convention : S'agissant d'un grief fondé sur !'article 5. paragraphe 4, de la Convention et portau sur l'absence de contr»!ejudiciaire de la léga/ité de la détention, un recours interne efficace doit être un recours pemiettant d'obtenir un tel contrrole judiciaire. EN FAIT (English : see p. 78) Voir p. 60. EN DROIT Le point en litige dont la Commission a ajourné l'examen dans sa décision partielle du 13 octobre 1982 concerne la plainte du requérant selon laquelle il n'a pas disposé d'une procédure judiciaire conforme à l'article 5, paragraphe 4, de la Convention pour faire examiner la légalité de sa détention à la suite de sa mise à la disposition du Gouvernement . Aux termes de cette disposition, . toute personne privée de sa liberté par arrestation ou détention a le droit d'introduire un recours devant un t ribunal. afin qu'il statue à bref délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération si la détention est illégale . » -76- Selon le Gouvernement, le grief du requérant déduit de la violation de l'article 5. paragraphe 4, de la Convention, doit être rejeté pour non-épuisement des voies de recours internes, au sens de l'article 26 de la Convention . A cet égard, le Gouvernement fait valoir que le requérant n'a ni interjeté appel contre la première mesure de mise à la disposition du Gouvernement prononcée à sa charge par le tribunal correctionnel de Turnhout le 6 septembre 1972, ni ne s'est pourvu en cassation contre les deux mesures subséquentes de mise à la disposition du Gouvernement prononcées par arrêts de la cour d'appel de Gand rendus respectivement les 27 novembre 1973 et 31 mars 1980. En outre, le requérant n'a pas demandé, en application de l'article 26 de la loi de défense sociale du 1° , juillet 1964, la mainlevée des effets de la mesure de mise à la disposition prononcées à sa charge le 6 septembre 1972 par le tribunal de Turnhout . La Commission observe toutefois qu'en ce qui concerne le paragraphe 4 de l'article 5, la question de l'épuisement des voies de recours internes ne se pose pas . En effet, le grief formulé par le requérant est que le droit belge ne connait pas de recours judiciaire permettant de faire statuer à bref délai sur la légalité de la détention d'une personne mise à la disposition du Gouvernement . Or. les procédures citées par le Gouvernement ne sauraient tendre à l'introduction d'une telle voie de droit dans l'ordre juridique belge si celle-ci n'y est pas déjà prévue. Le présent grief ne peut donc être rejeté pour non-épuisement des voies de recours internes . La Contmission rappelle que la Cour européenne des Droits de l'Homme . dans une affaire similaire (affaire Van Droogenbroeck . arrét du 24 juin 1982) a constaté une violation de l'article 5, paragraphe 4, de la Convention en raison de l'absence d'une voie de recours judiciaire efficace et accessible répondant aux exigencess de cette disposition . En ce qui concerne plus particulièrement les deux recours mentionnés en l'espèce par le Gouvernement défendeur, la Cour a considéré que le contrôle par les juridictions de la légalité de la mesure de mise à la disposition du Gouvernement au montent du prononcé de cette mesure n'était pas suffisant au motif que l'article 5, paragraphe 4, dans le cas d'un inter entent eutrainé par la mise à la disposition du Gouvernement, exigeait un contt3le ultérieur de la privation de liberté (arrêt précité . par. 47, 49). Pour ce qui est de l'instance en mainlevée organisée par l'article 26 de la loi de défense sociale du 1°, juillet 1964, elle a estimé que ce recours ne constituait pas un recours satisfaisant à l'article 5, paragraphe 4 . de la Convention aux motifs, d'une part, que le contrôle concernait moins la .légalité» de l'internement que .1'opportunité d'une extinction anticipée de la peine . et, d'autre part, que les intervalles (trois ou cinq ans) devant séparer deux saisines de l'autorité judiciaire se révélaient trop espacés pour être raisonnables (ibidem, par . 53). - 77 - Les circonstances de la présente affaire étant similaires à celles de l'affaire Van Droogenbroack, la Commission estime que le grief du requérant déduit de la violation de l'article 5, paragraphe 4, de la Convention ne peut être rejeté comme étant manifestement mal fondé .Parcesmotifs,laComisio n DÉCLARE LA REQUÊTE RECEVABLE, sans préjuger du fond de l'affaire, dans la mesure où elle n'a pas été déclarée irrecevable par sa décision du 13 octobre 1982 . (TRANSLATION) THE FACTS See p. 68. THE LAW The point in dispute, in respect of which the Commission deferred its examination in its Partial Decision of 13 October 1982, concerns the applicant's complaint that he did not benefit from judicial proceedings in conformity with Article 5 (4) of the Convention for the determination of the lawfulness of his detention after he had been placed at the Government's disposal . Under that provision, "Everyone who is deprived of his liberty by arrest or detention shall be entitled to take proceedings by which the lawfulness of his detention shall be decided speedily by a court and his release ordered if the detention is not lawful". The Government submits that the applicant's complaint of a violation of Article 5 (4) of the Convention must be rejected because he failed to exhaust domestic remedies within the meaning of Article 26 of the Convention . In that connection, the Government points out that the applicant did not appeal against the first measure placing him at the Government's disposal taken by the criminal court at Turnhout on 6 September 1972 . Nor did he appeal to the Court of Cassation against the two subsequent measures placing him at the Government's disposal ordered by the judgment of the Court of Appeal at Ghent on 27 November 1973 and 31 March 1980 . Furthermore, the applicant did not apply, in pursuance of Article 26 of the Social Defence Law of 1 Jul y - 78 - 1964, for release from the effects of the measure placing him at the Government's disposal, taken against him by the court at Turnhout on 6 September 1972 . The Commission points out, however, that as far as Article 5 (4) is concerned, the question of exhaustion of domestic remedies does not arise . The complaint formulated by the applicant is that Belgian law does not provide for a judicial remedy which would make it possible to take a speedy decision as to the lawfulness of the detention of a person placed at the Government's disposal. The procedures referred to by the Government would not be designed to introduce such a remedy into the Belgian legal system if there were already provision for it. The present complaint cannot, therefore, be rejected for non-exhaustion of domestic remedies . The Commission recalls that in a similar case (Van Droogenbroeck, judgment of 24 June 1982) the European Court of Human Rights found a violation of Article 5 (4) of the Convention because of the absence of an effective and accessible judicial remedy which satisfied the requirements of that provision. With regard more particularly to the two remedies referred to in the present case by the respondent Government, the Court was of the opinion that the control. by the courts of the lawfulness of a measure placing a person at the Government's disposal, when this measure was ordered, was not adequate, because, in the event of ensuing detention, Article 5 (4) required subsequent supervision of the deprivation of liberty (aforementioned judgment, paras. 47, 49). With regard to the application for release from the effects of the measure provided for under Article 26 of the Social Defence Law of I July 1964, it was ol' the opinion that this application did not constitute an adequate remedy under Article 5(4) of the Convention, because this control concerned not so much the "lawfulness" of the detention as "the expediency of early termination of the penalty", and that the intervals (three or five years) that had to elapse between two applications to the court appeared too long to be regarded as reasonable (ibid, para . 53) . Since the circumstances of the present case are similar to those of the Van Droogenbroeck case, the Commission is of the opinion that the applicant's complaint of a violation of Article 5 (4) of the Convention cannot be rejected as manifestly ill-founded . For these reasons, the Commission DECLARES THE APPLICATION ADMISSIBLE, without prejudging the merits of the case, insofar as it was not declared inadmissible by its decision of 13 October 1982 . _79_